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Stéphanie Boué, féminin singulier
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« Du prêt-à-porter féminin créateur ». Concentrée sur l’exercice, Stéphanie Boué tente de définir son activité, sans être tout à fait sûre de tomber juste. En dix ans de collections imaginées dans la solitude de son atelier, elle n'a guère pris le temps de théoriser son travail, trop occupée à imaginer la robe d'après.
Un morceau de soie jeté sur un mannequin, quelques épingles, la mélodie intérieure d'un roman latino-américain, le souvenir d’un spectacle de danse, et c'est reparti.
Si ses mains parlent en premier, la créatrice sait exactement ce qu’elle veut, et d’où elle vient.
A l'origine, il y a le tissu. Les montagnes d’étoffes de son enfance passée dans la tissuterie familiale et la maîtrise, très tôt, de machines industrielles au service d'une précision d’horlogerie.
De ses études d’histoire de l’art, qui ont complété sa formation de styliste, Stéphanie Boué a retenu la faculté de découper les images. « Je suis assez sûre de moi dans la composition, je sais quand m’arrêter », dit celle qui fut guide, costumière et céramiste avant de se consacrer entièrement à la couture.
« J’ai commencé par la technique et le travail de la matière, comme pour me construire. Aujourd’hui, j'ai besoin pour créer de me remplir d'images : une silhouette aperçue dans la rue, une dose de spectacle vivant, un livre dont je m’imprègne ».
Quelques grands noms de la mode – Antonio Marras pour Kenzo, Tsumori Chisato, Dries Van Noten, veillent sur les collections imaginées comme des carnets de voyages dans l’espace et dans le temps. Paris, Nantes, Nice, les méandres de l’Indre, les églises romanes de l’Aveyron, les bruits de la Colombie, les chrysanthèmes stylisés d’un Japon imaginaire.
Savoir-faire et sens du détail signent aussi les modèles STB, acronyme à l’étrangeté revendiquée apposé sur des vêtements pensés dans leur globalité.
Pas besoin de croquis pour élaborer les collections renouvelées à 100% deux fois par an. Pas de thème qui enferme, pas d'accessoire qui divertit, pas de souci marketing qui insiste sur un modèle à succès. L'ouvrage est sans cesse remis sur le métier.
"Le vêtement est pensé seul, je ne veux pas qu'il soit dépendant d'un ensemble mais qu'il s'insère dans une garde-robe », dit la créatrice, maillon-clef d’un processus maîtrisé de A à Z.
Du choix du tissu aux retouches après vente en passant par les premiers essais sur elle-même – « J’ai besoin que chaque vêtement passe par mon corps » -, la fabrication et la distribution, aucune étape ne lui échappe. Comme naguère, quand elle suivait pas à pas la naissance d’un spectacle de théâtre ou de danse pour mieux en élaborer les costumes.
Choisies avec passion, les étoffes proviennent de tisserands  italiens et allemands. Imaginés et montés à Nantes, les prototypes prennent vie chez sa façonnière attitrée.
La relation avec la clientèle est exclusive. De Paris à Montpellier, de Nantes à Poitiers, Stéphanie Boué réalise l'essentiel de ses ventes lors de sessions privées, organisées chez des particuliers ou dans son show-room parisien. Considérées individuellement, les clientes profitent du rare privilège d'une conversation avec la créatrice.
Pour chaque pièce, joliesse et style sont considérés à égalité avec souci du confort et sens du mouvement. « Le vêtement doit être porté, ce n'est pas une sculpture. Il va révéler la beauté de la femme, son identité, sa féminité, son caractère, tout en la mettant à l’aise ».
Au final des atours originaux, faciles, quotidiens, multifonctionnels et modernes, qui épousent les formes comme les moments de la vie. Sur l’étiquette intérieure, quelques mots tirés de romans aimés stimulent l’esprit au moment de les enfiler. Un vêtement « total ».   Elizabeth Pineau

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